
Jurisportiva est allé à la rencontre de Jean Marc Doussain, un joueur professionnel de rugby de 29 ans qui évolue en tant que demi de mêlée/demi d'ouverture au Lyon OU depuis 2018. L'international français qui a réalisé une grande partie de sa carrière au Stade Toulousain et que l'on surnomme "Baby Byron" nous livre aujourd'hui ses impressions sur sa carrière, sa blessure, l'après confinement mais également sur ses plans de reconversion.
« Ma première sélection avec le XV de France, c'était en finale de Coupe du monde, contre la Nouvelle-Zélande. J’étais jeune, je crois que je ne me rendais pas compte de tout ce qui se passait autour de moi finalement. »
Depuis le plus jeune âge, environ 6 ans. J’ai grandi dans une famille qui baignait dans le rugby, mon père et mon frère jouaient, donc c’était pour moi une évidence. J’ai ensuite intégré des écoles de rugby, et j’ai eu la chance de signer par la suite en tant que cadet au Stade Toulousain, où je suis finalement devenu professionnel au fur et à mesure des sélections.
C’est un parallèle qui avait été fait avec le néo-zélandais Byron Kelleher, qui a également joué au Stade Toulousain, de 2007 à 2011. Après, je ne prétends pas être de sa pointure (rires), le comparatif a surtout été fait car on a tous les deux joué à Toulouse.
J’ai un jeu particulier : je suis gaucher, j’aime beaucoup défendre, que ce soit en 9 ou en 10, j'aime aussi attaquer, jouer à la main...Tout cela fait partie de mon identité, et j'essaie de le retranscrire à Lyon désormais.
Oui, forcément, ce sont des moments dont on se souvient ! C'était un match où j'étais titulaire avec le Stade Toulousain, contre Biarritz en match amical.
J’ai eu la chance de gagner le Bouclier de Brennus, donc ce fut évidemment un moment important dans ma carrière. Mais j’ai aussi eu la chance d’être champion de France, en cadets avec Toulouse, et c’était mon premier titre donc ce sont des moments qui restent. Après, peu importe le niveau, dès qu'on gagne un titre je pense que ça vous laisse des souvenirs à vie.
Forcément, c’était chargé de pression et d’émotions en même temps car il s’agissait de ma première sélection et qu’on était en finale de Coupe du monde. Après, j’étais jeune, tout s’est fait rapidement, et je crois que je ne me rendais pas compte de tout ce qui se passait autour de moi finalement. Ça reste un moment important de ma carrière, qui compte beaucoup, mais aujourd’hui je suis plus concentré sur l’avenir.
Toulouse reste mon club de cœur car je suis natif de la région et que depuis tout petit c’était mon rêve de jouer pour le Stade Toulousain. J’ai réalisé ce rêve, j’ai passé 10 ans là-bas et je ne regrette rien. J’y ai passé des années extraordinaires, même si les dernières saisons on a galéré un peu plus. C’est une partie de ma carrière qui restera à jamais gravée.
Non, ce n’est pas d’actualité. Pour le moment, je suis concentré sur ma dernière année de contrat à Lyon. Après, on verra comment se passe l’avenir et comment la situation évoluera.
J’ai fait ce choix pour plusieurs raisons : je jouais depuis 10 ans à Toulouse, j’avais besoin d’un nouvel élan, il y avait une nouvelle génération qui arrivait, et donc je pense que c’était le meilleur moment pour partir. Je ne regrette pas du tout car je suis épanoui à Lyon, c’est un club ambitieux où je me régale, qui se donne les moyens de réussir. Je suis vraiment content de mes choix et je n'en regrette aucun.
Au début, on ne savait pas quelle serait l’ampleur de l’épidémie, donc ça a été un peu difficile d’arrêter momentanément la saison. On est un peu passés par tous les états. Au final, on est déçus car certains joueurs ne pourront pas finir la saison avec nous, avec le club, et ça pour moi c’est le plus dur. Humainement, c’est difficile à vivre pour eux. Après, on ne va pas se plaindre, on a la chance de pouvoir vivre notre passion, de pouvoir reprendre en septembre je l’espère, donc il faut positiver... On n’a pas pris de coups pendant 5-6 mois, et je pense que ça a fait du bien à nos corps.
Ça a été un coup au moral, mais j’avais eu la chance de ne pas être blessé auparavant dans ma carrière, donc c’était ma première « vraie »» blessure avec un arrêt assez long. Ça m’a permis de voir autre chose, de travailler autrement, d’aller passer 15 jours ailleurs… J’ai aussi travaillé sur ma préparation mentale donc il n'y a pas eu que du négatif. Je m'efforce de retenir le positif plus que la blessure finalement.
Oui forcément, comme tous les joueurs. Tout nous manque : s’entraîner ensemble, jouer des matchs les uns contre les autres, la compétition, etc. J’espère que tout est derrière nous et que tout pourra reprendre normalement en septembre.
Inévitablement, le rugby et tout son écosystème sont touchés financièrement par les pertes de la dernière saison, les pertes probables de la saison prochaine. Il a été demandé aux joueurs de faire un effort financier, et je pense qu’on a tous répondu présents. On est en train d’avancer sur ce plan là pour pouvoir penser à la saison prochaine le plus sereinement possible.
Mes objectifs seront de jouer un maximum possible, que ce soit à la mêlée ou à l’ouverture, comme ça a été le cas tout au long de ma carrière. J’espère que l’équipe tournera à plein régime, comme elle l’a fait sur les 6 premiers mois cette saison, et qu’on sera dans les meilleures conditions pour batailler et aller chercher un titre.
Oui, bien-sûr. Pour le moment, je ne pense pas que ma reconversion sera dans le rugby, mais si c’est le cas j’aimerai transmettre aux jeunes ce que j’ai pu vivre, ma façon de m’entrainer, etc. Je n'ai encore rien de concret dans ma tête pour l’instant, je me laisse 2-3 ans pour foncer et prendre un nouvel élan pour la suite de ma vie.
Crédit photo : XV Mondial

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