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Diplômé du Master 2 Droit et Gestion des Entreprises de Limoges, Youri Verieras a jusqu'à présent, fait l'ensemble de sa carrière en tant que dirigeant dans la sphère du basketball français. D'abord passé par le STB le Havres, il a ensuite occupé les postes de Directeur général puis Président du Directoire au sein du CSP de Limoges, avant d'être nommé en 2019 Directeur Général au SLUC Nancy. Entretien Jurisportiva avec un jeune dirigeant plein d'ambitions et de propositions pour son club et le basket français.
Bonjour, je m’appelle Youri Verieras, j’ai 32 ans, et je suis Directeur Général du SLUC Nancy Basket depuis juin 2019. Auparavant, j’ai eu l’occasion d’être Directeur Général du STB le Havres quand le club évoluait en Pro A, et puis Directeur Général du Limoges CSP.
J’ai une formation assez généraliste, notamment un Master2 en Droit et Gestion des Entreprises. J’ai complété cela par voie de professionnalisation pendant mes études dans le milieu du sport, ce qui m’a permis de développer mon appétence pour ce milieu là.
Je n’ai pas d’histoire particulière avec le basket, si ce n’est que j’ai grandi dans une ville où le basketball était plutôt prédominant. L’idée n’était d’ailleurs pas forcément d’avoir une connaissance du basket exacerbée, puisque je pense que cela s’apprend au contact du domaine, mais bel et bien d’avoir une vision “entreprise” pour occuper un poste de direction dans un club sportif professionnel. Le basket est par la suite devenu un “métier passion”.
C’était une expérience formidable. Le STB le Havre était une super école pour mon début de carrière. Le club évoluait en Pro A à l’époque, il y avait beaucoup de choses à faire. C’était à la fois très formateur et un vrai tremplin pour ma carrière.
De façon générale, les missions d’un Directeur Général sont avant tout de venir épauler le Président, de mettre en place au quotidien l’ensemble de la politique du club avec un axe poussé sur l’administration et le développement.
Il y a eu une transition importante car la structure de Limoges était bien plus grande que celle du Havre. Je suis arrivé à Limoges lorsque l’équipe entrait en Euroleague.
In fine, il n’y a pas de grandes différences entre la gestion des deux clubs, si ce n’est la taille des équipes à manager. On est en permanence en adaptation par rapport à la structure, et l’objectif premier reste de la faire grandir au jour le jour.
Très sincèrement, je peux vous répondre en une seule phrase : il m’a tout appris du métier.
Nous avons un modèle économique qui se veut vertueux et surtout viable. Nous faisons partie des rares clubs de Pro B à ne pas avoir un énorme degré de dépendance aux collectivités territoriales. Notre modèle est davantage tourné vers le privé, le sponsoring/marketing, billetterie et ressources hors match.
Ce n’est pas nécessairement le modèle le plus concurrentiel en Pro B puisque nous luttons contre des clubs qui ont davantage de ressources publiques et qui ont par conséquent des contraintes différentes et plus légères que les nôtres. L’enjeu est d’accentuer ce modèle afin de lever des fonds complémentaires, d’aligner l’équipe la plus compétitive possible, et de s'améliorer au maximum afin de répondre aux besoins de nos supporters et partenaires. Il est important de faire évoluer les propositions du club afin de toujours coller aux attentes des gens, notamment lorsque les modes de consommation ne cessent d’évoluer.
Nous avons une équipe de E-sport que nous avons constituée avec une équipe de passionnés depuis maintenant 2 saisons. On a mis une petite saison à mettre cela en place mais les résultats se font déjà apercevoir. On considère que cela doit être un pan à part entière de notre club, on se doit d’avoir une section gaming qui fait partie de l’éventail d’un club.
Remonter le plus vite possible, c’est vraiment l’enjeu. La Pro B est à mon sens la deuxième division la plus forte en Europe, il y a une vraie concurrence. On a souhaité conserver le modèle économique du club dans cette division malgré qu’il ne soit pas nécessairement un avantage concurrentiel.
On se donne les moyens pour remonter en Pro A et ce modèle nous permettra en principe de nous pérenniser dans l’élite. Car si la montée est un objectif, il faudra ensuite se maintenir.
L’enjeu aujourd’hui est de prendre conscience de tout cela. Les clubs doivent se prendre en main. On a beaucoup souffert avec le Covid-19 mais on a également su montrer notre adaptabilité et réactivité. Ce sont des forces sur lesquelles il faut s’appuyer. Nous devons accentuer le mouvement vers des politiques sportives modernes, vers le mérite sportif mais avec de vrais degrés d’exigence (salles, entertainment…). Il faut espérer un produit réellement vendable au niveau national, cela nécessite quelques changements.
La LNB a tenté la diffusion gratuite l’an dernier. Le basket français sortait d’un contrat historique entre la Ligue Nationale de Basket et RMC Sport. Il a fallu réagir. Sans doute faudra-t-il, à un moment ou un autre, trouver le moyen de monétiser ce produit pour que les clubs puissent avoir quelques revenus. Car ce n’est plus le cas aujourd'hui, les clubs ne touchent rien.
C’est un modèle intéressant. Ils ont un véritable élan, ils travaillent rapidement et bien. Il y a une véritable carte à jouer avec “Paris”. La localisation permet beaucoup d’avantages. Il y a beaucoup de défis à relever car la montée en Betclic Elite est arrivée très rapidement, c’est donc une nouvelle découverte pour eux mais le bassin parisien est leur atout pour les questions de billetterie et de marketing notamment.
Ce n’est pas évident. Nous sommes le seul sport “majeur” à avoir une concurrence directe sur un sport américain, sur une division qu’est la NBA, qui est plus qu’une référence dans le domaine.
Notre basket français a davantage un ADN de sport de territoire, on doit s’appuyer sur nos forces sans trop vouloir imiter nos voisins américains. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas aller chercher de sujets NBA, cela reste un modèle sur l’expérience client notamment, on doit s’en inspirer. Mais on doit aussi conserver notre côté chauvin de territoire, et force est de constater que le basket a une presse excellente dans les villes où il est implanté.
Je le pense sincèrement. C’est un vecteur de démocratisation, d’exposition puisque cela ne se joue pas nécessairement dans les villes. C’est un excellent moyen de diversifier tout en renforçant l’attractivité de la discipline, à l’aube des Jeux Olympiques de Paris. Peu importe la voie par laquelle on vient au basket, le tout étant que chacun trouve chaussure à son pied dans la discipline.
Bien sûr nous avons besoin de locomotive, on ne peut que se réjouir d’avoir deux clubs français en EuroLeague, une compétition européenne majeure. C’est une super nouvelle, on voit que le nivellement par le bas n’est pas efficace, alors profitons de l’expérience et de l’exposition européenne du basket français.
Crédit photo : BasketEurope

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