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Après un premier article sur le régime légal du contrat de travail e-sportif, seront désormais envisagées les potentielles évolutions que pourrait connaître le régime. L'équipe Victoire Avocats tâchera de dresser quelques ébauches de propositions afin d'améliorer le cadre juridique de ce secteur en structuration. Zoom.
Quelles sont les limites dans l'application du CDD e-sportif?
Pourquoi les acteurs ont généralement recours au contrat de prestation de services ?
Si le CDD e-sportif paraît intéressant au premier abord, en pratique il y a lieu de relever certaines limites à son efficacité et de surcroît, à son recours par les clubs e-sportifs et par les joueurs. C’est la raison pour laquelle les parties prenantes ont recours à un autre contrat : le contrat de prestation de services, qui est à ce jour, le contrat le plus utilisé dans les relations contractuelles entre clubs et joueurs.
Le CDD spécifique est très peu appliqué compte tenu de son coût :
Le coût du CDD e-sportif est alors plus important que celui du contrat de prestation de services, ce qui pose des problèmes en termes de concurrence, à l’instar du sport, avec les clubs étrangers.
Le formalisme du CDD ou encore sa durée ne semblent convenir aux acteurs du secteur en raison de :
Le CDD spécifique ne semble pas adapté en termes d’horaires de travail :
La frontière entre les heures de travail et les heures de jeux « loisirs » est difficile à quantifier.
Il ressort de la pratique que la plupart des structures à ce jour signent des contrats de prestation de services avec des joueurs ayant soit le statut d’auto-entrepreneur soit celui de société selon le chiffre d’affaires qu’ils réalisent.
Les acteurs ne cherchent pas à frauder l’Administration fiscale mais à maintenir un certain équilibre financier et à attirer des joueurs dans un secteur concurrentiel et internationalisé.
Les joueurs facturent le club, en contrepartie de leurs diligences, à savoir jouer, un forfait sans être soumis aux charges sociales, et pour l’entreprise, aux charges patronales.
Cette différence concernant les charges auxquelles les structures et les joueurs sont soumis participe à la popularité du contrat de prestation de services.
Néanmoins, les parties ne sont pas à l’abri de risques financiers importants :
Quelles sont les potentielles évolutions et pistes de réflexion pour la refonte du contrat de travail spécifique e-sportif?
Comme rappelé en introduction, la réforme du CDD e-sportif est une nécessité.
Le contrat de travail spécifique n’est pas utilisé, et pour qu’il le devienne, il doit être remanié en profondeur.
Pour que ce contrat soit utilisé par les acteurs de l’e-sport, il conviendrait dans un premier temps de l’adapter au secteur et de sortir du modèle inspiré par le secteur sportif qui, malgré les ressemblances existantes, ne correspond pas aux attentes du secteur en matière de relations de travail.
Pour ce faire, il semble nécessaire d’aller à la rencontre des acteurs, de recueillir leurs demandes pour être en mesure de présenter un régime juridique suffisamment adapté à la pratique et sortir des modèles de droit commun et du CDD sportif.
C’est en ce sens que l’association France Esports et son groupe de travail Droit et Législation, que Victoire Avocats a intégré, travaillent sur des propositions à soumettre aux élus et reprenant les besoins du secteur afin d’adapter le CDD.
Victoire Avocats et l'association France Esports sont à l'écoute des éventuels commentaires et perspectives des acteurs du secteur en ce sens, pour les relayer aux autorités compétentes".
Si la France souhaite être compétitive sur la scène européenne et mondiale, elle doit s’en donner les moyens et cela passe par le cadre législatif régissant les relations entre joueurs et clubs.
Pour cela, l'idéal serait de parvenir à trouver des solutions à mi-chemin entre le CDD e-sportif et le contrat de prestation de services, afin de permettre aux joueurs de bénéficier des acquis sociaux qu’offrent le contrat de travail, sans qu’il ne soit trop coûteux pour les employeurs.
À titre d’exemple :
Si le milieu de l’e-sport a conscience des failles dans sa structuration, notamment en droit du travail, c’est aujourd’hui aux institutionnels de se saisir du sujet et de poursuivre les démarches afin de les résoudre.
Dans l’intervalle, les joueurs et les clubs doivent porter une attention particulière aux clauses des contrats de prestation de services qu’ils signent, notamment afin d’éviter une requalification du contrat en CDI, notamment :
Maître Julien Lombard – Maître Manon Lefas – Adrien Vitse

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